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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Poètes, 1862.djvu/239

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Trop attiré par les jeux de la scène,

Il soupira pour les yeux de Climène,

Comme un Tircis en veste de l’ami-

Housset ! Oh ! que de fois, œil morne et.front blémi,

Il cherche auprès de la claire fontaine,

Sous quel buisson l’Amour s’est endormi !

Houlette en main, souriante à demi,

Plus d’une encore fait voir au blond Arsène

Où c’est……

Voilà les sornettes idiotes et enragées, — ces deux caractères sont également dans ce volume de rhythme forcé et de pensée atone, — voilà les sornettes dignes de Vadius et de Trissotin :

Ne dis plus qu’il est amarante,

Dis plutôt qu’il est de ma rente !

qui ont enlevé un poète à la Muse de ses premières œuvres. Cela paraît incroyable, mais cela est. Faut-il pleurer ou faut-il rire de voir un homme, qui était poète et qui l’a prouvé, se ravaler à de tels exercices de bateleur dans le maniement de cette langue poétique, qu’il aurait honorée, s’il l’avait aimée chastement, car les mots sont bien faits. Prostituer, c’est tuer toujours ! Lui dont la plume ressemblait à l’archet de Paganini, mais, il est vrai, sans l’âme du violon céleste ; lui le linguiste, le rhythmique, le métrique, — c’étaient ses qualités, et nous ne voulons pas les amoindrir, — il n’est plus, dans ces chansons dernières, qu’une espèce de jongleur, ivre de mots comme on l’est d’opium, et qui les triture et les hache dans sa furieuse folie de césures, de rimes, d’assonnances,