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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Poètes, 1862.djvu/217

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Mais ces qualités supérieures ne sont pas celles sur lesquelles nous avons voulu insister. Nous leur préférons le souffle de spiritualité, et de spiritualité terrassante, qui circule à travers les poëmes de M. Amédée Pommier, et qui lui donne la chaleur, le mouvement et la vie. Pour nous, ce que nous avons voulu chercher et indiquer sous ces poésies éclatantes, solides, toutes semblables à de la sculpture dans un métal incandescent, c’est le poète plus haut que la matière qu’il touche d’une main si puissante ; le poète, avant tout, spirituel !

IV

Et nous l’avons dit d’autant plus qu’on s’y méprendra et qu’on doit s’y méprendre. M. Amédée Pommier, le poète chrétien, de tête du moins, doit être appelé matérialiste par les spiritualistes du Déisme et de la métempsychose, parce qu’il n’a pas craint de retracer, avec une énergie formidable, les douleurs de la damnation et les supplices de ces ténèbres extérieures où, selon notre foi et nos saints livres, il y aura des pleurs et des grincements de dents. Il a interprété l’effrayante tradition avec le genre de talent dont il est doué, et ce talent est plus extérieur qu’intérieur, il est vrai, mais cette tradition, du moins, il ne l’a pas faussée, calomniée ou abolie. Il n’a pas imité Alexandre Soumet (un autre peintre moderne de l’enfer ! ) dans sa Divine Épopée. Son enfer, à lui, est bien l’enfer chrétien,