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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Poètes, 1862.djvu/176

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VIII

M. MISTRAL

Mirèio

I

Voici une belle et fière réplique à bien des choses contemporaines. Pendant que nous nous civilisons de plus en plus et que le Réalisme, cet excrément littéraire, devient l’expression de nos adorables progrès, un poète de nature, de solitude et de réalité idéalisée, nous donne un poème fait avec des choses primitives et des sentiments éternels. Ce n’est pas un poème d’haleine courte, comme les meilleures poésies de ce temps pulmonique, asthmatique et lyrique, qui n’a que des cris et des soupirs… quand il en a. Ce n’est pas non plus de ces œuvres d’un métier enragé, diaboliquement travaillées ; de ces ciselures de Benvenuto myope qui craint de n’avoir jamais assez appuyé son