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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Poètes, 1862.djvu/162

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VII

Mme DESBORDES-VALMORE

Poésies inédites. I

Ce livre de poésies inédites, recueillies, m’a-t-on dit, par la piété filiale, ne contient pas une seule ligne de renseignement et de prose sur le compte de la femme à qui nous les devons. Délicatesse filiale que ce silence. Je reconnais là le sang de cette pudeur qui fut Valmore ! C’est l’intelligence de l’amour que d’avoir épargné l’honneur vulgaire et retentissant d’une biographie à la femme la plus femme de talent et dont le talent seul doit faire la gloire. Mme Desbordes-Valmore n’est pas une femme de lettres, puisqu’il y a de ces monstres qu’on appelle maintenant femmes de lettres. Nos pères, avec leur bon sens profond, appelaient hommes de lettres ces femmes-là, autrefois ! confondant ironiquement les deux sexes dans cette dénomination