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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Poètes, 1862.djvu/146

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VI

M. ROGER DE BEAUVOIR

Colombes et Couleuvres.

I

Lorsque le temps n’est pas aux poètes, il faut sentir qu’on l’est deux fois pour oser faire des vers et les publier. Qui ne se rappelle les feuilles de saule que René, le Rêveur, — le patriarche (déjà) de tous les Rêveurs du XIXe siècle, — jetait sur le torrent qui les emportait ? … Eh bien ! il est un torrent plus entraînant et plus turbulent que tous les torrents romantiques, qui tombent des Alpes et qui traversent les œuvres complètes de Chateaubriand : c’est celui de la publicité, tour à tour dévorante et dévorée, de notre temps. M. Roger de Beauvoir vient de l’affronter aujourd’hui, en jetant dans son mouvement impétueux un volume de poésies. Quel sera le sort de ce volume ? Surnagera-t-il ? Sera-t-il emporté ? Nous l’avons