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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/82

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de M. Taillandier est tout simplement la haine du catholicisme comme le respect de M. Saisset en est l’envie. Le christianisme prétendu de M. Taillandier, c’est la tolérance de tout ! sans cela, il ne le tolérerait pas ! Ce christianisme repousse formellement, après l’avoir cité, ce mot sublime : Le Christ aux bras étroits, de Bossuet. Il veut que son Christ, à lui, ait les bras ouverts d’une courtisane ! Je demande bien pardon de mettre de pareils mots l’un en face de l’autre, même par horreur des idées qu’ils expriment, mais j’en renvoie le sacrilège à la Philanthropie contemporaine qui, à force d’amour pour l’auguste liberté des hommes, est parvenue à faire de son Dieu la prostituée du genre humain !


III

Telles sont les idées, en propre, de M. Saint-René Taillandier, de cet homme qui, par la médiocrité de son talent, mériterait bien la miséricorde de la Critique, mais qui, parle dogmatisme de ses affirmations erronées mérite sa sévérité. Telles sont la philosophie et l’histoire de cet optimiste faux chrétien qui croit, dit-il, à la Providence divine, comme il croit à la destinée, comme il croit à ce dix-neuvième siècle, qui a réveillé l’infini, comme à la science, comme à tout, et qui a le mysticisme de toutes ces sornettes contemporaines, lesquelles formeront un jour une logomachie à faire pouffer de rire nos descendants !