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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/69

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parfois des velléités de transformation, mais ils ne réussissent guères à s’enlever de la glu d’idées dans laquelle ils ont été pris une fois, et leur pensée y reste prise. L’englument éclectique n’a point manqué à M. Saisset. Il ne s’en retirera jamais. L’éclectique qu’il fut dans sa jeunesse, il l’est encore. Philosophiquement, comme tous ses pareils les éclectiques du commencement du siècle, faits par M. Cousin à son image, il a toujours eu un petit bagage d’idées fort léger. Comme les éclectiques, ces emprunteurs à tout le monde, il les doit, ces idées, à Descartes, à Leibnitz ou à Reid, et cela s’appelle : la progression des êtres, le grand optimisme, la liberté humaine, la Providence et l’étude des faits de conscience ; et voilà la valise faite de M. Saisset et de ces messieurs !

Eh bien ! aujourd’hui que cette philosophie court-vêtue, et en souliers plats, — et fort plats, — comme la Perrette, portant sur sa tête son pot au lait, dans la fable, — aujourd’hui que celle philosophie a une peur blême pour ce pot au lait qui va tomber peut-être, M. Saisset a-t-il au moins ajouté quelque chose à son poids, pour eu assurer l’équilibre ? Y a-t-il mis le poids d’une idée de plus, et n’est-ce pas sans cesse le même ballonnage de spiritualiste et de providentiel, qui ne leste rien, n’assure rien et titube toujours ?…

Le livre d’aujourd’hui est divisé en deux parties : la première est l’histoire discursive et critique des philosophes antérieurs et contemporains et de leurs systèmes, Descartes, Mallebranche, Spinosa, Newton, Leibnitz, Kant, Fichte, Shelling et Hegel, et dans un temps où la philosophie n’est plus que l’histoire de la philosophie, cette partie du livre, dans laquelle il