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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/62

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Cette introduction est de la placidité pleine de force qu’ont les chrétiens, quand ils regardent deux choses tristes, — le monde et un tombeau. Elle n’a point de chétive petite mélancolie.

Le monde ne sut point assez ce que valait Donoso Cortès, et M. Veuillot l’a dit tranquillement, sans rien surfaire. Au premier rang de ce monde par les titres et les relations, Donoso Cortès, marquis de Valdegamas, n’y exerça pas toute l’influence à laquelle, de talent et d’âme, il avait droit, et la faute en fut justement au monde de ce temps, haïsseur de toute vigueur et de toute vérité complète ! Il fallait à un homme comme Donoso Cortès l’époque de Ximenès, et Ximenès même pour ministre. Il ne l’eut point, et comme tant d’autres, il vint trop tard : mais n’admirez-vous pas cette louange amère ? Le plus grand honneur qu’on puisse faire aux hommes du dix-neuvième siècle, c’est de supposer qu’ils n’en sont pas !