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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/413

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tombée des ailes de cette érudition d’abeille, qui a le vagabondage de l’abeille, qui en a le miel, mais qui n’en a pas l’aiguillon !

Et d’abord, voici trois à quatre volumes de Notices qui sont certainement la partie la moins considérable et la moins travaillée de cet esprit facile à qui rien ne semble coûter, tant il est éveillé et preste ! et dont plusieurs (celles sur M. de Blanville, Léopold de Buch et les Jussieu) sont de petits chefs-d’œuvre d’appréciation attique. Puis, après ces Notices, voici une Histoire de la circulation du sang, à travers laquelle le lecteur et même la lectrice verront circuler le leur dans leurs veines. C’est peut-être dans cette histoire que M. Flourens a le plus exhalé sa petite odeur de muguet littéraire, quand, de savant en savant, il est arrivé jusqu’à Guy Patin, cette excellente figure, ce Boileau Despréaux de la médecine, qui aurait donné très-bien la monnaie de sa pièce à l’autre Boileau, le railleur de la Faculté. Ici le naturaliste, le physiologiste devient presque un critique comme l’un de nous. C’est un clair de lune de M. Sainte-Beuve, mais c’est un clair de lune limpide ! Après cette Histoire de la circulation du sang, vous avez L’Instinct et l’intelligence des animaux, une question qu’un fils de Buffon, comme M. Flourens, devait traiter dans un de ses ouvrages. car vous savez si M. Flourens est le fils de Buffon et s’il mérite de porter le nom de Buffonet que Buffon donnait à son fils ! Puis encore un Examen de la phrénologie, très-court, comme il convient, le mépris ayant une expression brève quand il n’est pas silencieux, et le mépris étant tout ce que mérite cette doctrine, qui n’est plus qu’une amusette de salon depuis que