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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/411

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On a pu dire avec eux et en les lisant : « Une jolie science, une jolie expérience — une jolie découverte — une jolie description de physiologie », toutes choses qui, autrefois, faisaient trembler et qui, autre part que chez eux, rendent encore bien grave. Ils ont été attirants, amusants, attachants, quelquefois brillants, et on a pu se risquer un jour, sur la foi de leurs livres, aux sciences physiques ou naturelles sans avoir la vocation d’un héros, d’un martyr, d’un Lapeyrouse qui n’en reviendra pas et qui croit s’en aller bravement se faire manger par les sauvages !

Certes, il n’y aurait que cela dans M. Flourens, il n’y aurait que cette ressemblance, que ce rapport avec Fontenelle, que ce serait assez pour exciter en nous la plus vive sympathie. Le progrès ne peut pas s’arrêter, c’est bien entendu, et il pullule de rudes ouvriers à la science, des piocheurs et des défricheurs du sublime le plus américain, mais quelqu’un qui ressemble à Fontenelle, mais, au plus épais de la science, deux doigts d’esprit qui tiennent une plume légère, voilà ce qu’on ne voit pas tous les jours !


II

Et il n’y a pas que ces deux doigts d’esprit, dans M. Flourens. Il n’y a pas que le génie littéraire de Fontenelle, retrouvé au fond de sa fonction, comme une chose oubliée à sa place dans l’intérêt de son successeur. Il n’y a pas dans M. Flourens, quoi qu’il y soit aussi, qu’un historiographe d’académie, qu’un tabellion