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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/377

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fort par le principe des substitutions et la disposition testamentaire ; nous croyons que là le célèbre prêtre était bien près d’une solution, mais il en était d’autant plus loin qu’il en était plus près. Rappelons-nous le proverbe : Lorsqu’il y a dix pas à faire, neuf est la moitié du chemin.

Pour le prêtre, en effet, et pour tout homme qui croit avec juste raison que la politique sort des flancs de la morale et ne peut pas sortir d’ailleurs, la question primaire, la question fondamentale, à cette heure de l’histoire, est la reconstitution de la famille chrétienne, brisée par l’individualisme du temps. Nous aussi nous pensons, comme le P. Ventura, que la famille doit prendre fonction dans l’État. Nous pensons que si un pouvoir chrétien (et certes le pouvoir devant lequel le P. Ventura parlait alors avait ce glorieux caractère) traduisait le Pater noster dans ses lois et le quatrième commandement, il serait en mesure suffisante contre les révolutions futures et pourrait marcher en bataille rangée contre elles. Nous pensons que si on opposait aux droits de l’homme de Rousseau la déclaration des droits de la famille française représentée par le Père, ceci nous infuserait un sang nouveau dans les veines, et que le pouvoir politique bénéficierait, à l’instant même, car le Notre père ne s’adresse pas qu’à Dieu. Il se réfléchit jusque dans le sein des mineurs de la famille, et c’est un rayon divin qui traverse le diamètre de l’espace et de l’infini !