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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/370

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initiative est maintenant de rigueur pour ceux-là qui tiennent l’anneau de Salomon dans leur main. Ils auraient compris enfin que, si le chrétien manque de précision dans ses initiatives, Proudhon est dans son droit et qu’il déborde comme un flot. L’individualisme, qui veut se sauver du moins jusqu’à la mort, intervient avec ses fantômes et, resté muet, s’il peut l’être, le chrétien prend à sa charge une partie des malheurs du temps et il en répond devant Dieu !


II

C’est sous l’empire de ces pensées que nous avons ouvert le livre publié aujourd’hui par le R. P. Ventura. Nous ne l’avons pas entendu. Les souvenirs de l’orateur, plus ou moins brillants, ne nous voilaient pas l’homme d’idée. Le P. Ventura est bien l’un et l’autre. Il a la double faculté de la réflexion et de l’expression instantanée. Le charbon d’Isaïe s’allume sur ses lèvres, mais il n’en a pas moins le repli de la réflexion et les facultés qui servent à creuser un sujet. Si l’on ne craignait pas d’offenser une tête théologique de sa force, on dirait que le P. Ventura est une intelligence philosophique. Il est, avec le P. Gratry, un des esprits les plus aptes à la lutte, dans la grande bataille philosophique qui n’est pas finie. Indépendamment de la lumière que tout prêtre porte dans sa main, par cela seul qu’il est prêtre et qu’il allume son flambeau à la source de toute splendeur, le