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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/320

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un vide profond sous sa bouffissure et son étalage scientifique. L’exposer suffira, car elle est justement de ces doctrines auxquelles la meilleure réponse qu’il y ait à faire est celle qu’on leur fait… seulement en les exposant.


IV

Il est des rapprochements singuliers et gais… même en philosophie. M. Comte a pour homonyme un homme dont on a beaucoup parlé autrefois. Comme M. Comte le philosophe, cet autre M. Comte faisait aussi de la science à sa manière, car il était physicien, mais la physique qu’il faisait était… amusante. Disons le mot : il escamotait. Eh bien ! voici qui a lieu d’étonner. M. Comte le philosophe, le grave, celui qui n’amuse pas, mais qui croit éclairer, est aussi un escamoteur, et son système de philosophie n’est qu’une longue suite de tours d’escamotages. C’est très-curieux. Ne vous récriez pas ! M. Comte le philosophe escamote littéralement, dans son système de philosophie positive, qui n’est que le vide positif, — d’abord Dieu et tout l’ordre surnaturel ; ensuite la métaphysique tout entière et le monde d’abstractions et d’explications qu’elle traîne à sa suite ; enfin, les causes finales et les causes premières ! Terribles muscades sur lesquelles il souffle et qui disparaissent, comme les muscades de liège de l’autre M. Comte, mais avec ce désavantage que lui, l’escamoteur philosophique, il ne sait pas les retrouver… Ce déplorable