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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/304

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Il l’a détaillé et rapetissé, croyant, bien à tort, qu’en rapetissant et en détaillant un sujet, on 1e fait mieux voir et mieux tenir, et il n’a pas su éviter la monotonie, la monotonie qui vient parfois de la beauté et de la profondeur des choses, mais que cette misérable petite créature éphémère, qui s’appelle l’homme, ne peut pas longtemps supporter !

Tel est le double défaut capital de l’histoire de M. de Montalembert. Il en a du reste senti la moitié. Il a senti le défaut qui ne venait pas de lui : la monotonie. Mais s’il convenait de celle-là, c’était une raison pour ne pas y ajouter la sienne. Dans une très-longue introduction qui finit humblement, mais dont l’humilité se prolonge un peu trop et a l’air trop fanfare (je m’arrête à ce mot, qu’on pourrait allonger), M. de Montalembert a conscience de son œuvre. Le père est inquiet pour l’enfant. Il ne tremble pas pour son livre, oh ! je ne le crois pas si pusillanime que cela ! Mais il est visiblement embarrassé de ce qu’il deviendra et surtout de ce qu’il vaut. Embarras qui me touche, que j’épouse et que je partage, mais non tout entier, et à la manière paternelle. En effet, je ne sais guère, — pas plus que M. de Montalembert, — ce que deviendra son histoire ici présente, mais je crois savoir ce, qu’elle vaut, et je veux même essayer, s’il veut bien me le permettre, de le lui montrer.


III

Eh bien ! d’abord, c’est une bonne intention et une noble pensée. C’est un livre chrétien, entrepris pour exalter