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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/287

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ABAILARD[1]


Abailard est toujours l’enfant gâté, le Benjamin philosophique du dix-neuvième siècle. Il y a quelques années, M. Cousin, le chef maintenant déposé de la philosophie en France, et qui s’est lui-même tondu (mais non pour se faire moine) avec les ciseaux de Mme de Longueville, M. Cousin se fit, à grand bruit, l’éditeur et le vulgarisateur du philosophe du douzième siècle, condamné par l’Église. M. de Rémusat publiait aussi de son côté deux gros volumes qu’il intitulait pompeusement : Abailard, sa vie, sa philosophie, sa théologie, — et comme si ce n’était pas assez que ces deux hommages du Rationalisme moderne, offerts à l’un de ses précurseurs, l’éditeur de M. Rémusat publie aujourd’hui un nouveau volume dont Abailard est le sujet et même le héros. Dans ce nouveau livre sur Abailard, il est vrai, ce n’est pas sur le philosophe, rigoureusement

  1. Abailard et Héloïse, essai historique par Madame et M. Guizot, suivi des lettres d’Abailard et d’Héloïse, traduites par M. Oddoul et précédées d’une préface. (Publication de Didier).