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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/28

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à le juger, et ils ont tous apprécié infiniment cette flanelle…

Certainement, pour manquer le prix, il fallait s’y prendre de toute autre manière. Mais M. Jourdain n’avait pas l’ambition de manquer le prix avec éclat. Il aurait fallu une hauteur dans l’aperçu, et une décision dans la pensée, qui n’était pas dans les plans de M. Jourdain, eussent-ils été dans ses puissances. M. Jourdain, ne nous y trompons pas, est de naissance comme d’état un philosophe. C’est un philosophe qui chasse de race, un philosophe de père en fils, dont le père eut autrefois aussi son prix d’académie, et qui a voulu continuer cette gloire paternelle.. Certes, ce n’est pas avec de telles préoccupations que l’on peut dépasser par la fierté ou la soudaineté de l’aperçu, par l’indépendance, par un style vivant et anti-officiel, les conditions du programme de l’Académie, cet établissement de haute bienfaisance littéraire qui n’existe que pour mettre en lumière les talents qui, tout seuls, ne s’y mettraient pas.


III

Nous l’avons dit déjà, du reste, le défaut du programme de l’Académie était d’être par trop exclusivement philosophique, quand il s’agissait d’apprécier un homme qui, comme saint Thomas, était un grand théologien, bien avant d’être un grand philosophe. La gloire de celui qui fut appelé l’Ange de l’école, son influence inouïe sur un temps où la foi primait encore la