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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/256

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le dix-huitième siècle et la Révolution française. Rendu par ce double événement bien plus difficile à résoudre, un tel problème, malgré tout ce qu’il a inspiré dernièrement aux esprits les plus opposés, n’était cependant pas arrivé à ce point de démonstration qu’il pût imposer sa solution, comme une loi, à l’État lui-même, après l’avoir imposée à l’Opinion, comme une vérité. Et il y avait plus. Sur cette question de l’enseignement si grave, si pressante, si peu faite pour attendre, puisqu’elle implique l’avenir et le compromet, c’était surtout l’Opinion qui était restée indécise. Elle s’était émue, il est vrai, mais elle ne s’était pas prononcée. Les hommes qui devraient la conduire et ceux qui pourraient l’égarer s’étaient passionnés. On avait bataillé de part et d’autre, mais d’aucun côté on n’avait vaincu. D’aucun côté (jusqu’ici du moins) ne s’était levée, pour en finir, une de ces intelligences supérieures qui ferment les débats sur une question, comme Cromwell ferma la porte du parlement et en mit la clef dans sa poche ; et la Critique attendait toujours le mot concluant et définitif qui devient, au bout d’un certain temps, la pensée de tout le monde, ce mot qui est le coup de canon de lumière après lequel il peut y avoir des ennemis encore, mais après lequel il n’y a plus de combattants.

Eh bien ! ce que la critique attendait, elle ne l’attend plus. Le mot dictatorial dont nous parlons a été dit, et comme nous ne le prévoyions bien, du reste, il vient d’être dit par une intelligence chrétienne. M. Saint-Bonnet ne serait pas chrétien que de nature et de physiologie intellectuelle il irait au fond des