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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/161

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une famille TOURANIENNE à l’aide de laquelle ils cherchent, de l’aveu de M. Renan, « à établir un lien de parenté entre des langues entièrement diverses. » Enfin il y a M. Renan qui se prélasse et s’introduit lui-même dans ce majestueux conclave de rudes travailleurs en fils d’araignée ! On dirait que le prêtre manqué vise au moins à une petite papauté philologique, et au fait, pourquoi ne serait-il pas le premier parmi ces peseurs de diphtongues ? Ils sont tous chimériques, hypothétiques et faux, et il a sur eux l’avantage d’écrire même assez brillamment en français… Du reste, l’Essai qu’on publie aujourd’hui n’entamera en aucune façon son amour-propre ou sa personne, car dans ce Mémoire d’académie, long de 247 pages, M. Renan tient tout entier tel que nous le connaissons, tel que nous venons de le voir dans ses Études religieuses. Nous craignons bien qu’il ne puisse jamais changer.

A consulter ce livre, on voit que, dès son début dans la science, M. Renan était destiné à porter toute sa vie cette double livrée d’Hegel et de Strauss qu’il a endossée. Shakespeare, avec son ironie charmante, appelle quelque part les laquais : « Messieurs les chevaliers de l’arc-en-ciel. » Avait-il deviné les laquais de la philosophie du mythe, de la contradiction et du devenir, ces nuées coloriées et que le premier vent de bon sens, s’il vient à souffler, emportera ? La méthode que M. Renan n’a point inventée, et qu’il a commencé par appliquer à la théorie du langage, est cette méthode connue des Étude s religieuses dont nous parlons pour la première et dernière fois. La Critique n’a point à créer d’importances en s’acharnant sur des