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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/147

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y croyons, nous. Il pense, lui aussi, comme Diderot*, qu’il faut élargir Dieu pour faire tomber les murs des Églises. Mais quand Diderot attaquait l’église, il frappait bravement, par devant, à grands coups avec l’abominable héroïsme de son sacrilège. Quand Voltaire blasphémait Jésus-Christ, il ne bégayait pas. Il criait sur les toits : « Écrasons l’infâme ! » Quand l’Allemagne elle-même, si longtemps nommée la douée et religieuse Allemagne, mais qui a dernièrement recommencé le dix-huitième siècle en mettant de grands mots et des obscurités d’école où le dix-huitième avait émis de petites phrases claires comme de l’eau (car il ne faut pas profaner ce mot de lumière), quand l’Allemagne elle-même attaque Dieu, elle n’y va pas de main morte. Elle ne lui demande pas respectueusement la permission de le jeter par la fenêtre ; elle l’y jette, voilà tout, et elle ferme la porte pour l’empêcher de remonter par l’escalier. Mais cette manière d’agir, au moins nette, au moins vaillante et qui semble au moins convaincue, n’est pas celle que M. Renan emploie aujourd’hui : au contraire ! Il la trouve imprudente. Il ne craint pas de la blâmer. Il reproche à M. Fuerbach et à la jeune école hégélienne leur violence contre Dieu. Il les accuse d’avoir le pédantisme de leur hardiesse, et de ne pas mettre