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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/109

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chute, — mais c’est Hegel qui devait élever à l’état de principe le pressentiment de Leibnitz !

Il se dit religieux pourtant, — et M. Vera, qui jurerait pour lui, s’il en était besoin, nous l’assure ; mais cette religion d’Hegel, nous la connaissons. C’est encore la Science qui est cette religion comme elle est tout, puisqu’elle est absolue ; « c’est la lumière de la pensée pure, — comme dit M. Cousin, M. Cousin la rhétorique dans la philosophie, — ce n’est plus le demi-jour du symbole. » Quand on absout l’humanité, parce que, dit-on, on la comprend, quand la meilleure justification des choses est… qu’elles sont ou qu’elles furent, il faut bien accepter la religion avec tout le reste, car il y en a eu assez, de religions, sur la terre de ce globe, et assez de sentiment religieux dans les cœurs qui battent encore à sa surface ou qui dorment glacés dessous.

Mais franchement, nous autres chrétiens, qui faisons notre philosophie avec nos Révélations et l’histoire, pouvons-nous tenir grand compte à Hegel et à sa doctrine de cette religion qu’il fait, lui, avec sa propre philosophie ?… Pouvons-nous admettre autrement que comme une précaution, — que certes Diderot, plus franc, n’aurait pas eue, et qui tient à l’hypocrisie de ce siècle, lequel a déplacé Tartuffe, — pouvons-nous admettre autrement que comme une précaution ce respect pour le christianisme, cette religion qui n’est pas la science et qu’Hegel a voulu montrer, en expliquant à sa manière le dogme de la Sainte-Trinité ?…

Certes, pour ma part, je ne connais rien de plus hideux que cette singerie, mais aussi je ne connais rien