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Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/288

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rément moins vides que celui-ci. On ne peut guères mesurer, en France, l’étendue du succès, quand à l’ennui se joint la gravité : combinaison puissante ! Valfrey, qui sent à plein nez l’air du bureau ministériel, a l’importance dans le ton qui doit le faire accepter sur le pied d’un privilégié, possédant une érudition spéciale, — l’érudition des choses d’État, — érudition mystérieuse, presque hiératique, car, si enragé d’érudition qu’on veuille être, tout le monde n’a pas la clé du bureau où tous ces renseignements se puisent… Il n’y a que des favorisés qui pénètrent, par grâce, dans les arcanes des correspondances secrètes ; et quoique Valfrey n’ait presque rien rapporté de ces cartons, dans lesquels on l’a autorisé à pratiquer ses petites fouilles, il a l’avantage d’en revenir, et il en revient, pour y retourner !

Il publiera un second volume, — peut-être un troisième, — peut-être davantage. Travaux consciencieux et ambitieux ! qui pourront lui valoir, qui sait ? à les exécuter, quelque position officielle, — officielle comme son érudition ! Si l’on n’est pas un grand historien, on peut être plus facilement un bon commis… Je ne demande pas mieux que de voir l’auteur du Hugues de Lionne en devenir un, agrémenté de tous les ornements de cette fonction publique ; mais je ne veux pas qu’on nous donne, à nous qui nous occupons de la valeur des livres et de leur beauté, comme preuve de talent, un volume d une confection aussi