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Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/270

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politesse qui est le signe des civilisations, puisqu’il leur a donné la charité. Et, du même coup, le Christianisme a grandi le cœur et le génie des hommes. Avec les vertus qu’il a fait descendre dans leurs mœurs, il a fait descendre dans leurs arts, leurs sciences et leurs littératures, des inspirations inconnues, d’une beauté que les peuples les plus spirituels de la terre, comme la Grèce et Rome, ne soupçonnaient même pas !

Aussi, pour prendre exactement la mesure d’une civilisation dans l’histoire, il n’est besoin que de se servir comme mesure de la civilisation chrétienne… Et c’est, malheureusement pour lui et pour nous, ce que l’auteur des Études sur les civilisations n’a pas fait. Il aurait alors, avec cette mesure, avec cette règle d’or de la civilisation chrétienne, vu à quoi se bornaient ces civilisations américaines qui lui font ouvrir les yeux si grands. Ce raconteur à la suite d’historiens plus ou moins suspects, qui va à la cueillette des civilisations et s’ébahit de ce qu’il trouve, se fût alors épargné bien des anecdotes compromettantes pour les civilisations qu’il admire. Il aurait mangé ces noisettes tout seul. Il ne nous eût pas, par exemple, donné comme une illustration de ces merveilleuses civilisations américaines qu’il décrit, des monarques comme ce magnifique civilisé roi de Quito, Atahualpa, qui ne crachait jamais que dans la main des plus grandes dames de sa cour !

Quant à moi, j’aime mieux Louis XIV. Et vous ?…