Ouvrir le menu principal

Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/267

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Il restait donc l’Amérique, et il l’a prise, comme il devait la prendre, du reste, avec cette drôle de civilisation océanienne, anthropophage, et au baiser nasal, par-dessus le marché.

Car l’Amérique, c’est l’Éden des libres penseurs ! Quoique, dans d’autres temps, elle ait été la terre des plus effroyables despotismes, elle devait être un jour la terre des républiques et de la libre pensée, et on l’aime pour cette raison, même dans le passé !… On lui cherche partout des importances historiques… Et, d’ailleurs, il faut bien en convenir, il y a, dans l’histoire des peuplades de l’Amérique, — chez les Astèques, par exemple, les Mexicains, les Incas, à Quito, — de ces choses qui méritent bien pour les libres penseurs ce grand nom de civilisation, la flatterie moderne ! Au regard d’esprits plus préoccupés des choses intellectuelles que des choses morales dans l’histoire, il y a certainement dans quelques-unes de ces sociétés américaines des côtés formidables et brillants que tous les adorateurs de la force doivent admirer et même avec terreur, ce qui est pour la lâcheté humaine le dernier degré de l’admiration ! Les vestiges qui nous restent de ces sociétés, de leurs travaux publics, de leurs architectures, doivent paraître à des âmes d’architectes, d’antiquaires et d’académiciens, des civilisations colossales. Et Faliés est de ceux-là, en sa qualité d’érudit de fait ou de visée. Lui qui, dans la civilisation grecque, est l’admirateur