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Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/218

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un peu subtil peut-être, vivement coloré et politique par places, quand il rencontrait l’occasion de l’être. Le voici non moins pénétrant, mais jamais subtil ; coloré, mais d’une couleur plus vigoureuse ; et politique… politique toujours.

III

C’est l’instinct politique, en effet, qui a averti Renée de la grandeur de Grégoire VII, et c’est la justesse de cet instinct qui la lui a fait reconnaître. Sans doute d’autres historiens, même parmi les calomniateurs, avaient senti la force politique de Grégoire, car quels esprits, fussent-ils brutes, ne sentent pas la force !… et ils la sentent d’autant mieux ! Mais, s’ils l’avaient sentie, ils l’avaient accusée, tandis que Renée l’a sentie pour la glorifier. Ce ne serait point assez dire que de prétendre qu’il a innocenté la vie et l’action du pontife, qu’il les a nettoyées et purifiées de tout reproche. Hildebrand ne lui a pas seulement paru un grand homme, qui a plus ou moins raison et qui s’est plus ou moins trompé dans ses desseins, selon la triste condition des grands hommes. Il faut aller plus loin. Il lui a paru un grand homme qui a toujours raison et qui ne s’est jamais trompé.

Et j’insiste sur ce point parce que je le dois. C’est là