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Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/162

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pas sur le moi de la personnalité. Quand le je, haï de Pascal et de tout le monde, arrive sous sa plume, c’est pour confirmer un détail par l’autorité de son témoignage. Il a vu. Voilà tout ! Seulement, ce témoignage si désintéressé, si sincère et si simple dans son expression qu’il ne colore même pas, est ce que nous connaissons de plus mortel à la charge de ce qu’on a appelé le fédéralisme révolutionnaire, — le plus bas côté d’une révolution qui n’en eut pas toujours de si hauts !

II

En effet, ce que la Révolution eut de terrible ne l’élève pas pour cela d’un degré de plus dans l’estime des hommes. L’estime des hommes est un sentiment pur de toute épouvante. La Révolution ne le mérite pas. Elle ne nous offre, quand elle n’est pas une hideuse tragédie, que le curieux et lamentable spectacle d’une nation qui se piquait d’être à la tête du monde, et que Dieu livrait aux principes du Contrat social. Cette théorie, imitée des Grecs par un ignorant qui ne connaissait pas la Grèce, cette théorie imbécille, même comme hypothèse, donnait le pays non pas à tout le monde, comme il est de naïfs historiens qui le répè-