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Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/105

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cent laborieusement à la pratique du commandement et du gouvernement des hommes. Il leur avait préféré le côté extérieur, mouvementé, visiblement éloquent des choses, et il s’était rencontré tour à tour, mais exclusivement, le peintre de mœurs et de guerre que des ouvrages ultérieurs, comme les Chevaux du Sahara[1] les Mœurs et coutumes de l’Algérie[2], et les Principes généraux du cavalier arabe[3] ont définitivement classé.

Oui ! un peintre ! un Horace Vernet littéraire ! voilà ce qu’est le général Daumas. Comme Horace Vernet, il est le peintre lumineux des déserts, des tentes, des smalas, des burnous flottants, des chevaux buveurs d’air et des armes. Imagination militaire, ce qui veut toujours un peu dire imagination chevaleresque, il s’est profondément pénétré de la personnalité de ce peuple arabe, — le seul peuple réellement poétique qu’il y ait maintenant sur la terre, et dont la description ressemble aune page de la Bible oubliée dans des feuillets de ce Khoran qui ne sera bientôt plus pour l’humanité qu’un livre oublié, — une poésie chantée ! Nul n’a mieux compris, et ne devait mieux comprendre, que cette intelligente tête d’officier, les mœurs familiales et guerrières de ces tribus qui se dressent encore avec tant de majesté devant les Européens, leurs vain-

  1. Chamerot.
  2. Hachette
  3. Hachette