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Page:Ballin - Le Mahâbhârata, vol2.djvu/79

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(d’autrefois), et ce qui avait l’apparence du profit finit en un dommage. Notre victoire ressemble à la victoire d’Yama, et, (avec le temps), devient la victoire de nos ennemis.

555. S’il doit être plus tard tourmenté et malheureux, comment un insensé songerait-il à (remporter) la victoire, si, après (l’avoir obtenue), il doit être plus (gravement) défait par ses ennemis (qu’ils ne l’avaient été par lui) ?

556. Ceux qui étaient fiers d’une victoire qu’ils avaient remportée, en commettant le péché de tuer leurs amis, sont vaincus (à leur tour) par ceux qu’ils avaient défaits, et qui étaient pleins de soin.

557, 558. Ceux qui avaient échappé à ce furieux lion des hommes, Karna, qui, dans le combat, avait, en guise de dents, des flèches nâlikas à oreilles, une épée en guise de langue, que son arc, qui figurait sa bouche baillante, rendait formidable, dont le rugissement était le bruit de la corde de son arc contre son gant protecteur, qui ne tournait jamais le dos dans les combats, ont été tués par suite de leur négligence !

559, 560. Ces fils de rois ont péri victimes de leur négligence, eux qui avaient traversé, grâce à leurs différentes armes en guise de navires, l’Océan de Drona, dont le char (jouait le rôle d’un) étang. Couvert de joyaux, cet (Océan) avait des pluies de flèches pour vagues, et, pour navires les chevaux (du héros) ; pour poissons, il avait des lances et des épées, pour crocodiles et pour serpents l’étendard (de Drona), son arc pour tourbillons, et ses grandes flèches pour écume. Le combat, (semblable) à un lever de lune, donnait l’élan aux marées de cet (Océan), dont le bruit (dés flots était figuré par celui) des