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Page:Ballin - Le Mahâbhârata, vol2.djvu/347

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815. En sous-entendant (le mot) éléphant, par méchanceté et dans ma vive convoitise de la royauté, j’en usai faussement avec lui.

816. Me dépouillant de la cuirasse de vérité, je dis à ce gourou : « Açvatthâman a été tué par moi », tandis que c’était l’éléphant de ce nom qui avait péri.

817. Vers quels mondes irai-je, après avoir été aussi pervers et après avoir fait tuer Karna, qui ne fuyait (jamais) dans les combats,

818, 819. Mon terrible frère aîné ? Est-il, (sur terre), un fou plus coupable que moi ? Et pour avoir fait pénétrer, dans une armée protégée par Drona, le jeune Abhimanyou, pareil à un lion né dans la montage, je ne puis plus regarder en face Bibhatsou (son père),

820, 821. Ni Krishna aux yeux de lotus (son oncle) ; je suis un homme coupable d’infanticide. Je pleure aussi sur la malheureuse Draupadî, privée de ses cinq fils, semblable à la terre qui aurait perdu ses cinq montagnes. Quant à moi, misérable pécheur, je cause la destruction du monde.

822. Puisqu’il en est ainsi, je ferai, en le privant de nourriture, gémir ce corps, qui attend une mort (prochaine). Voyez en moi le meurtrier de mes gourous !

823. Destructeur de ma race, (je dois agir de façon) à ne plus passer par d’autres naissances. Désormais, je ne prendrai plus de nourriture ni de boisson.

824. Je finirai ici ma vie, ô ascète. En m’inclinant devant vous, je vous demande (de me laisser) remplir le désir que j’ai d’aller où je voudrai.

825. Vous tous, accordez-moi (ma demande). J’aspire à quitter ce corps.