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Page:Ballin - Le Mahâbhârata, vol2.djvu/339

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752. Le temps fait circuler dans la vie ces circonstances, tantôt agréables, tantôt désagréables, (qui deviennent) des peines et des plaisirs.

753. La peine, seule, existe, et non le plaisir, qui n’est perçu que par opposition à la peine. La peine a pour origine la souffrance qui vient de la concupiscence. Le plaisir a pour origine la souffrance qui vient de la peine.

754. La peine est près du plaisir, le plaisir est près de la peine. On n’éprouve pas constamment de la peine. On n’éprouve pas continuellement du plaisir.

755. Le plaisir finit en peine, et quelquefois le plaisir provient de la peine. C’est pourquoi, celui qui désirerait un plaisir perpétuel renoncerait à tous les deux, (le plaisir et la peine).

756. Il faut abandonner en bloc ce qui cause le chagrin, ou bien une peine qu’accroît le chagrin, ou bien aussi l’effort qui est la racine du (chagrin).

757. Il faut que le cœur reste impassible, quoi que l’on éprouve, plaisir ou peine, sensation agréable ou sensation désagréable.

758. En ne faisant pas une chose, fut-elle peu importante, agréable à tes épouses ou à tes fils, tu (dois), ô mon ami, connaître qui, de quoi, pourquoi et par quoi, (en un mot toutes les causes qui commandent ton abstention) 18.

759. En ce monde, les (hommes) très sots et ceux qui ont atteint le plus haut degré de la sagesse, goûtent le bonheur. Ceux dont (l’intelligence) est moyenne sont tourmentés. »

760. Ô Youdhishthira, voilà ce qu’a dit le grand sage Senajit, qui connaissait le bon et le mauvais de ce monde, le plaisir et la peine, et qui était au fait des devoirs.