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docteur edgar bérillon

l’homme devient pour quelque temps incapable de se servir de ses facultés dans les actions qui demandent de la promptitude et de la réflexion.

Nietsche se trouvait sous la même impression lorsque, à une époque assez récente, il a écrit :

Si l’on considère la cuisine allemande dans son ensemble, que de choses elle a sur la conscience : les légumes rendus gras et farineux, l’entremets dégénéré au point qu’il devient un véritable presse-papier. Si l’on y ajoute le besoin véritablement animal de boire après le repas, en usage chez les vieux Allemands, et non pas seulement chez les Allemands vieux, on comprendra ainsi l’origine de l’esprit allemand, de cet esprit qui vient des intestins affligés. L’esprit allemand est une indigestion, il n’arrive à en finir avec rien.


Obéissant à l’amour de la graisse et du beurre, les Allemands ont préféré se conformer à l’opinion de Luther, qui leur a dit :

Le beurre est une chose très saine, et je crois vraiment que si les Saxons sont une race d’hommes si robustes, c’est grâce au grand usage qu’ils font du beurre.


De tous les aliments, celui pour lequel l’appétence des Allemands est portée au plus haut degré, c’est la graisse. Ce besoin exagéré de corps gras peut même être considéré comme un caractère de race. Il se manifeste chez les enfants dès qu’ils sont capables d’absorber des aliments solides. La graisse devient pour eux l’objet d’une véritable gourmandise. Voulez-vous le signe certain qui distingue un enfant de race celte d’un enfant de race germanique ? Vous le trouverez dans l’appétit différent qu’ils éprouvent pour la graisse. La répulsion des enfants de race celtique à l’égard des aliments gras est bien connue. Si vous voulez être agréable à l’enfant celte, offrez-lui une part de viande maigre. Vous satisferez le jeune Germain en lui octroyant le gras.

La personnification alimentaire de l’Allemand tient dans ces deux mots : brassicaire et porcophile. Les choux et la viande de porc, sous toutes les formes, voilà ce qui est l’objet de leur préférence.

Je n’entreprendrai pas ici l’énumération des innombrables variétés de saucisses dont la cuisine allemande a enrichi son répertoire. Je me bornerai à citer la Bockwurst, petite et longue ; la Leberwurst, faite de foie haché ; la Blutwurst, qui est crue et fumée ; la Pressack, amalgame de sang et de graisse ; la Weisswurst, mélange de farine et de foie ; la Knackwurst, qui réunit les produits les plus innommables ; sans parler des saucisses dites de Francfort, dans la composition desquelles entre souvent la chair du cheval, du chien et même du rat.

À ces aliments de constitution anonyme, il faut ajouter les Kloesse, boulettes constituées de viande, de graisse, de foie, d’abats, de poissons, de farine, de purées et de tous les ingrédients susceptibles d’être digérés par un estomac allemand.

Mais l’usage de la graisse de porc, dont l’Allemand fait une si grande