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Page:Béranger - Chansons anciennes et posthumes.djvu/657

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LA RIME


Air : Va-t’en voir s’ils viennent.


Quels chants n’avons-nous pas eus
        À fête pareille !
Mon cœur, fidèle aux vieux us,
        Me crie à l’oreille :

        Cours après la rime,
                        Cours,
        Cours après la rime.

bis.


Mais la rime sans pitié
        Me devient rebelle ;
Elle fuit… tendre Amitié,
        Cours vite après elle.
        Cours après la rime,
                        Cours,
        Cours après la rime.

Raison, qui la querellais,
        Deviens plus bénigne ;
Tu peux, faute de filets,
        La prendre à la ligne.
        Cours après la rime,
                        Cours,
        Cours après la rime.

Fais-la se rendre à mes vœux,
        Toi, peu timorée
Gaieté, qui par les cheveux
        L’as cent fois tirée.
        Cours après la rime,
                        Cours,
        Cours après la rime.

Gaudriole, à la chercher
        Prouve ton adresse :
Tartufe a pour la cacher
        Son livre de messe.
        Cours après la rime,
                        Cours,
        Cours après la rime.

Philosophie, aux abois
        Mets cette donzelle,
Qui souvent, avec mes doigts
        Moucha ta chandelle.
        Cours après la rime,
                        Cours,
        Cours après la rime.

Mais sans elle à ce repas
        Le plaisir arrive.
Joyeux amis, n’allons pas
        Dire à ce convive :
        Cours après la rime,
                        Cours,
        Cours après la rime.