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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/76

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        Du peuple obtenez le suffrage ;
        Moi, du pouvoir je crains les coups.
        En vain la France rend hommage
        À la vertu qui brille en vous ;
        À peine j’ose vous promettre
        De vous rendre encor vos saluts :
Votre vertu pourrait me compromettre.
Mon cher Dupont, je ne vous connais plus.
Dupont, Dupont, je ne vous connais plus.

        Chez nous le courage importune,
        Et votre sage et noble voix
        A fait trembler à la tribune
        Ceux qui méconnaissent nos droits.
        De vos discours on tient registre ;
        Peut-être aussi les ai-je lus.
Mais les talents ne font pas un ministre.
Mon cher Dupont, je ne vous connais plus.
Dupont, Dupont, je ne vous connais plus.

        Héritier de la gloire antique,
        Admiré de tous les Français,
        Le front ceint du rameau civique,
        Sous le chaume vivez en paix.
        À votre renom j’ai beau croire,
        Je pense comme nos ventrus :
On ne vit pas de pain sec et de gloire.
Mon cher Dupont, je ne vous connais plus.
Dupont, Dupont, je ne vous connais plus.

        Oui, je vous fuis sans autre forme,
        Vous que longtemps mon cœur aima ;