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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/66

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Des Amours ardente rivale,
Aux Grâces consacré ses chants,
Parny, près d’une Éléonore,
Ne l’aurait pu voir sans effroi.
Veille, ma lampe, veille encore :
Je lis les vers de Dufresnoy.

Combien a pleuré sur nos armes
Son noble cœur de gloire épris !
De n’être pour rien dans ses larmes
L’Amour alors parut surpris.
Jamais au pays qu’elle honore
Sa lyre n’a manqué de foi.
Veille, ma lampe, veille encore :
Je lis les vers de Dufresnoy.

Aux chants du nord on fait hommage
Des lauriers du Pinde avilis ;
Mais de leur gloire sois l’image,
Toi, ma lampe, toi qui pâlis.
À ton déclin je vois l’aurore
Triompher de l’ombre et de toi ;
Tu meurs, et je relis encore
Les vers charmants de Dufresnoy.