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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/60

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LE TEMPS


Air : Ce magistrat irréprochable (Air noté )


Près de la beauté que j’adore
Je me croyais égal aux dieux,
Lorsqu’au bruit de l’airain sonore
Le Temps apparut à nos yeux. (bis.)
Faible comme une tourterelle
Qui voit la serre des vautours,
Ah ! par pitié, lui dit ma belle,
Vieillard, épargnez nos amours !

Devant son front chargé de rides
Soudain nos yeux se sont baissés ;
Nous voyons à ses pieds rapides
La poudre des siècles passés.
À l’aspect d’une fleur nouvelle
Qu’il vient de flétrir pour toujours,
Ah ! par pitié, lui dit ma belle,
Vieillard, épargnez nos amours !

Je n’épargne rien sur la terre,
Je n’épargne rien même aux cieux,
Répond-il d’une voix austère :
Vous ne m’avez connu que vieux.