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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/55

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Des fleurs ceignent son front nubile,
Et de l’hymen l’autel est prêt…
— Encore une étoile qui file,
Qui file, file, et disparaît.

— Mon fils, c’est l’étoile rapide
D’un très grand seigneur nouveau-né.
Le berceau qu’il a laissé vide,
D’or et de pourpre était orné.
Des poisons qu’un flatteur distille,
C’était à qui le nourrirait…
— Encore une étoile qui file,
Qui file, file, et disparaît.

— Mon enfant, quel éclair sinistre !
C’était l’astre d’un favori
Qui se croyait un grand ministre
Quand de nos maux il avait ri.
Ceux qui servaient ce dieu fragile
Ont déjà caché son portrait…
— Encore une étoile qui file,
Qui file, file, et disparaît.

— Mon fils, quels pleurs seront les nôtres !
D’un riche nous perdons l’appui.
L’indigence glane chez d’autres,
Mais elle moissonnait chez lui.
Ce soir même, sûr d’un asile,
À son toit le pauvre accourait…
— Encore une étoile qui file,
Qui file, file, et disparaît.