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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/31

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« Tous attelés au char de la puissance,
« Du vrai bonheur vous quittez le chemin.
« Peuples, formez une sainte alliance,
                « Et donnez-vous la main.

« Chez vos voisins vous portez l’incendie ;
« L’aquilon souffle, et vos toits sont brûlés ;
« Et quand la terre est enfin refroidie,
« Le soc languit sous des bras mutilés.
« Près de la borne où chaque état commence,
« Aucun épi n’est pur de sang humain.
« Peuples, formez une sainte alliance,
                « Et donnez-vous la main.

« Des potentats, dans vos cités en flammes,
« Osent du bout de leur sceptre insolent
« Marquer, compter et recompter les âmes
« Que leur adjuge un triomphe sanglant.
« Faibles troupeaux, vous passez, sans défense,
« D’un joug pesant sous un joug inhumain.
« Peuples, formez une sainte alliance,
                « Et donnez-vous la main.

« Que Mars en vain n’arrête point sa course ;
« Fondez les lois dans vos pays souffrants ;
« De votre sang ne livrez plus la source
« Aux rois ingrats, aux vastes conquérants.
« Des astres faux conjurez l’influence ;
« Effroi d’un jour, ils pâliront demain.
« Peuples, formez une sainte alliance,
                « Et donnez-vous la main.