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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/264

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LA MÉTEMPSYCOSE


Air du vaudeville de la Robe et des Bottes (Air noté )


Grand partisan de la métempsycose,
En philosophe, hier, sur l’oreiller,
De mes penchants pour connaître la cause,
J’ai mis mon âme en train de babiller.
Elle m’a dit : Tu me dois un beau cierge,
Car sans mon souffle au néant tu restais ;

Mais jusqu’à toi je n’arrivai point vierge.
        — Ah ! mon âme, je m’en doutais,

bis.

        Je m’en doutais, je m’en doutais.

Je m’en souviens, oui, dit-elle, humble lierre,
J’ai couronné jadis des fronts joyeux ;
Puis, échauffant plus subtile matière,
Petit oiseau, je saluai les cieux.
Dans le bocage, auprès des pastourelles,
Je voltigeais, je sautais, je chantais ;
L’indépendance agrandissait mes ailes.
        — Ah ! mon âme, je m’en doutais,
        Je m’en doutais, je m’en doutais.

Je fus Médor, des chiens le plus habile,
Qui, d’un aveugle unique et sûr appui,
Entre ses dents sut prendre une sébile,
Guider son maître et mendier pour lui.