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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/263

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Me faudra-t-il la joindre aussi
Au chapeau de la mariée ?

La nuit vient ; vous poussez deux cris
Imités de ce cri si tendre
Qu’un jour au cœur le plus épris
Votre innocence a fait entendre.
Le lendemain l’époux cent fois
Raconte à la noce égayée
Que l’Hymen s’est piqué les doigts
Au chapeau de la mariée.

Le voilà trompé ce mari !
Ah ! qu’il le soit bien plus encore.
Dieu ! quel fol espoir m’a souri
Quand pour lui l’autel se décore !
Malgré le prêtre et ton serment,
Oui, par tes pleurs justifiée,
Tu viendras payer à l’amant
Le chapeau de la mariée.