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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/260

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Un page leur tient l’écritoire ;
Ils ont des titres, et, je crois,
Des crachats et même des croix.
Riches de l’or de cent provinces,
Sur leur coffre ils ont fait tracer :
« Mont-de-piété pour les princes. »
Grand dieu ! le pied va leur glisser !

« Ah ! dit Jacob, des fils si chers
« Prouvent que Dieu tient sa promesse.
« Seuls ils font la hausse et la baisse,
« Ont seuls tous les emprunts ouverts ;
« Mes fils règnent sur l’univers.
« C’est la peste à qui rien n’échappe ;
« Voyez dix rois les caresser.
« Ils se font bénir par le pape g.
« Grand dieu ! le pied va leur glisser !

« Qui les suit ? c’est un cordon bleu
« Qu’en frère chacun d’eux embrasse.
« Cet homme est-il bien de ma race ?
« Son trois pour cent le prouve un peu,
« Mais sandis ! n’est pas de l’hébreu h.
« À mes fils comme il se cramponne !
« Quoi ! pour voir le Jourdain hausser
« Ils ont assuré la Garonne !
« Grand dieu ! le pied va leur glisser ! »

Tandis qu’il les voit à grands pas
Sur l’échelle élever leur course,
Vient Satan qui crie : « À la Bourse !