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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/249

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Tes fils mourants disaient : N’implorons qu’elle ;
Les rois chrétiens ne nous vengeront pas.

Mais de Chios recommencent les fêtes ;
Psara succombe, et voilà ses soutiens !
Dans le sérail comptez combien de têtes
Vont saluer les envoyés chrétiens.
Pillons ces murs ! de l’or ! du vin ! des femmes !
Vierges, l’outrage ajoute à vos appas.
Le glaive après purifîra vos âmes :
Les rois chrétiens ne vous vengeront pas.

L’Europe esclave a dit dans sa pensée :
Qu’un peuple libre apparaisse ! et soudain…
Paix ! ont crié d’une voix courroucée
Les chefs que Dieu lui donne en son dédain.
Byron offrait un dangereux exemple ;
On les a vus sourire à son trépas.
Du Christ lui-même allons souiller le temple :
Les rois chrétiens ne le vengeront pas.

À notre rage ainsi rien ne s’oppose ;
Psara n’est plus, Dieu vient de l’effacer.
Sur ses débris le vainqueur qui repose
Rêve le sang qu’il lui reste à verser.
Qu’un jour Stamboul d contemple avec ivresse
Les derniers Grecs suspendus à nos mâts !
Dans son tombeau faisons rentrer la Grèce :
Les rois chrétiens ne la vengeront pas.

Ainsi chantait cette horde sauvage.
Les Grecs ! s’écrie un barbare effrayé.