Ouvrir le menu principal

Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/244

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



LAFAYETTE EN AMÉRIQUE


Air : À soixante ans il ne faut pas remettre (Air noté )


Républicains, quel cortège s’avance ?
— Un vieux guerrier débarque parmi nous.
— Vient-il d’un roi vous jurer l’alliance ?
— Il a des rois allumé le courroux.
— Est-il puissant ? — Seul il franchit les ondes.
— Qu’a-t-il donc fait ? — Il a brisé des fers.
Gloire immortelle à l’homme des deux mondes !
Jours de triomphe, éclairez l’univers !

Européen, partout, sur ce rivage
Qui retentit de joyeuses clameurs,
Tu vois régner, sans trouble et sans servage,
La paix, les lois, le travail et les mœurs.
Des opprimés ces bords sont le refuge.
La tyrannie a peuplé nos déserts.
L’homme et ses droits ont ici Dieu pour juge.
Jours de triomphe, éclairez l’univers !

Mais que de sang nous coûta ce bien-être !
Nous succombions ; Lafayette accourut,
Montra la France, eut Washington pour maître,
Lutta, vainquit, et l’Anglais disparut.