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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/201

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        Mourante, elle croit à toute heure
        Entendre le bruit de mes pas ;
        Elle écoute, et puis elle pleure.
De son amour ne me parlez-vous pas ?

        Ma sœur est-elle mariée ?
        Avez-vous vu de nos garçons
        La foule, aux noces conviée,
        La célébrer dans leurs chansons ?
        Et ces compagnons du jeune âge,
        Qui m’ont suivi dans les combats,
        Ont-ils revu tous le village ?
De tant d’amis ne me parlez-vous pas ?

        Sur leurs corps l’étranger peut-être
        Du vallon reprend le chemin ;
        Sous mon chaume il commande en maître ;
        De ma sœur il trouble l’hymen.
        Pour moi plus de mère qui prie,
        Et par-tout des fers ici-bas.
        Hirondelles de ma patrie,
De ses malheurs ne me parlez-vous pas ?