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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/200

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LES HIRONDELLES


Air de la romance de Joseph (Air noté )


        Captif au rivage du Maure,
        Un guerrier, courbé sous ses fers,
        Disait : Je vous revois encore,
        Oiseaux ennemis des hivers.
        Hirondelles, que l’espérance
        Suit jusqu’en ces brûlants climats,
        Sans doute vous quittez la France :
De mon pays ne me parlez-vous pas ?

        Depuis trois ans je vous conjure
        De m’apporter un souvenir
        Du vallon où ma vie obscure
        Se berçait d’un doux avenir.
        Au détour d’une eau qui chemine
        À flots purs, sous de frais lilas,
        Vous avez vu notre chaumine :
De ce vallon ne me parlez-vous pas ?

        L’une de vous peut-être est née
        Au toit où j’ai reçu le jour ;
        Là d’une mère infortunée
        Vous avez dû plaindre l’amour.