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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/189

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L’amour a peur des grand’mamans ;
Mais, à prix d’or, combien de vieilles
Ont à leurs gages des amants
Dont les missives font merveilles !
On sait, pour lire un billet doux,
Quel moyen prennent ces coquettes.
Bonne maman, consolez-vous ;
Vous lisez encor sans lunettes.

Quoi ! Sans rides, sans cheveux blancs,
Et sans lunettes à votre âge !
Voyons si vos genoux tremblants
Des ans n’attestent pas l’outrage.
Oui, je vois trembler vos genoux
Que l’Amour tendrement caresse.
Bonne maman, consolez-vous ;
Prenez un bâton de vieillesse.