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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/180

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LE MALADE


AVRIL 1823


Air : Muse des bois et des accords champêtres (Air noté )


Un mal cuisant déchire ma poitrine,
Ma faible voix s’éteint dans les douleurs ;
Et tout renaît, et déjà l’aubépine
A vu l’abeille accourir à ses fleurs.
Dieu d’un sourire a béni la nature,
Dans leur splendeur les cieux vont éclater.
Reviens, ma voix, faible, mais douce et pure :
Il est encor de beaux jours à chanter.

Mon Esculape [1] a renversé mon verre,
Plus de gaîté ! mon front se rembrunit ;
Mais vient l’Amour et le mois qu’il préfère :
Déja l’oiseau butine pour son nid.
Des voluptés le torrent va s’épandre
Sur l’univers qui semblait végéter.
Reviens, ma voix, faible, mais toujours tendre :
Il est encor des plaisirs à chanter.

  1. Le célèbre docteur Dubois, à qui l’auteur de ces chansons ne peut témoigner trop de reconnaissance, et en qui les qualités du cœur égalent la science et l’étonnante habileté.