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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/144

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Là de mon cœur jaillissait l’étincelle
Dont la gaîté vous électrisait tous.
De joyeux chants ma coupe était remplie ;
Je la vidais, mais vous versiez toujours.
J’entends au loin l’archet de la Folie :
Ô mes amis ! prolongez d’heureux jours !

Des jours charmants la perte est seule à craindre ;
Fêtez-les bien, c’est un ordre des cieux.
Moi je vieillis, et parfois laisse éteindre
Le grain d’encens dont je nourris mes dieux.
Quand la plus tendre était la plus jolie,
Des fers alors m’auraient paru bien lourds.
J’entends au loin l’archet de la Folie :
Ô mes amis ! prolongez d’heureux jours !

Mais accourez, dès qu’une longue ivresse
Du calme enfin vous impose la loi.
Dernier rayon, qu’un reste d’allégresse
Brille en vos yeux et vienne jusqu’à moi.
Dans vos plaisirs ainsi je me replie ;
Je suis vos pas, je chante vos amours.
J’entends au loin l’archet de la Folie :
Ô mes amis ! prolongez d’heureux jours !