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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/125

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« De notre père accusant la faiblesse,
« Les plus joyeux sont restés au logis. »
Ces égrillards iraient, d’humeur bouffonne,
Pincer au lit le diable et ses suppôts.
Allez, enfants ; mais n’éveillez personne :
Mon médecin m’ordonne le repos.

Vous passerez près d’une ruche pleine,
D’abeilles, non ; mais de guêpes, je crois.
Ne soufflez mot, retenez votre haleine ;
Tremblez, enfants, vous qui jurez parfois [1] !
Le dard caché qu’à ces guêpes Dieu donne
A fait périr des bergers, des troupeaux.
Allez, enfants ; mais n’éveillez personne :
Mon médecin m’ordonne le repos.

Petits Poucets de la littérature,
S’il vient un ogre, évitez bien sa dent,
Ou, s’il s’endort, dérobez sa chaussure ;
De s’en servir on peut juger prudent.
Non : qu’ai-je dit ? Ah ! la peur déraisonne ;
Tous les partis rapprochent leurs drapeaux.
Allez, enfants ; mais n’éveillez personne :
Mon médecin m’ordonne le repos.

  1. Dans plus d’un village, on croit encore que les abeilles se jettent sur ceux qui profèrent des jurons auprès de leur ruche.