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Page:Béranger, oeuvres complètes - tome 2.pdf/109

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On lit dans une dédicace,
Qu’en latin il citait Horace.
Répétons sur nos harpes d’or :
Gloire à Nabuchodonosor !

Un journal écrit par des cuistres
Annonce qu’avec ses ministres
Tel jour le prince a travaillé
Sans dormir, quoiqu’il ait bâillé.
La cour s’écrie : Ô temps prospère !
Ce n’est point un roi, c’est un père.
Répétons sur nos harpes d’or :
Gloire à Nabuchodonosor !

Il hume tout l’encens des mages,
Mais paie un peu cher leurs hommages :
Prêtres et grands veulent d’un coup
Rendre au peuple bât et licou.
Même, si l’histoire en est crue,
Le roi s’attelle à leur charrue.
Répétons sur nos harpes d’or :
Gloire à Nabuchodonosor !

Le peuple indigné prend un maître
D’autre espèce, pire peut-être.
Vite les courtisans ingrats
Du roi déchu font un bœuf gras ;
Et sans remords le clergé même
S’en régale tout le carême.
Répétons sur nos harpes d’or :
Gloire à Nabuchodonosor !