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l’humeur de Darcy et donné plus de charmes à ses manières ; et lui-même, par son jugement, par la culture de son esprit, par sa connaissance du monde, aurait pu exercer sur elle une influence plus heureuse encore. Mais on ne devait pas voir une telle union offrir au public l’image fidèle de la félicité conjugale. Une autre d’un caractère tout différent allait se former dans sa famille qui excluait pour la première toute chance de se réaliser.

Elizabeth se demandait comment pourrait être assurée à Wickham et à Lydia une indépendance suffisante. Mais il lui était aisé de se représenter le bonheur instable dont pourraient jouir deux êtres qu’avait seule rapprochés la violence de leurs passions.

Une nouvelle lettre de Mr. Gardiner arriva bientôt. Aux remerciements de Mr. Bennet il répondait brièvement par l’assurance de l’intérêt qu’il portait à tous les membres de sa famille, et demandait pour conclure de ne pas revenir sur ce sujet. Le but principal de sa lettre était d’annoncer que Mr. Wickham était déterminé à quitter la milice.

« …Depuis que le mariage a été décidé, c’était mon vif désir de lui voir prendre ce parti. Vous penserez sans doute comme moi que ce changement de milieu est aussi opportun pour ma nièce, que pour lui. Mr. Wickham a l’intention d’entrer dans l’armée régulière, et il a d’anciens amis qui sont prêts à appuyer sa demande. On lui a promis un brevet d’enseigne dans un régiment du Nord. La distance entre ce poste et notre région n’est pas un désavantage. Il paraît bien disposé, et je veux croire que, dans un autre milieu, le souci de sauvegarder leur réputation les rendra tous deux plus circonspects. J’ai écrit au colonel Forster pour l’informer de nos présents arrangements, et le prier de satisfaire les créanciers de Wickham à Brighton et aux environs, par la promesse d’un règlement rapide pour lequel je me suis engagé. Voulez-vous prendre la peine