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côté. Cette pensée troubla quelque peu Elizabeth qui fut heureuse de se retrouver seule à l’entrée du presbytère.

Un jour qu’en promenade elle relisait une lettre de Jane et méditait certains passages qui laissaient deviner la mélancolie de sa sœur, Elizabeth, en levant les yeux, se trouva face à face, non point cette fois avec Mr. Darcy, mais avec le colonel Fitzwilliam.

— Je ne savais pas que vous vous promeniez jamais de ce côté, dit-elle avec un sourire en repliant sa lettre.

— Je viens de faire le tour complet du parc comme je le fais généralement à chacun de mes séjours, et je pensais terminer par une visite à Mrs. Collins. Continuez-vous votre promenade ?

— Non, j’étais sur le point de rentrer.

Ils reprirent ensemble le chemin du presbytère.

— Avez-vous toujours le projet de partir samedi prochain ?

— Oui, si Darcy ne remet pas encore notre départ. Je suis ici à sa disposition et il arrange tout à sa guise.

— Et si l’arrangement ne le satisfait point, il a toujours eu le plaisir de la décision. Je ne connais personne qui semble goûter plus que Mr. Darcy le pouvoir d’agir à sa guise.

— Certes, il aime faire ce qui lui plaît ; mais nous en sommes tous là. Il a seulement pour suivre son inclination plus de facilité que bien d’autres, parce qu’il est riche et que tout le monde ne l’est pas. J’en parle en connaissance de cause. Les cadets de famille, vous le savez, sont habitués à plus de dépendance et de renoncements.

— Je ne me serais pas imaginé que le fils cadet d’un comte avait de tels maux à supporter. Sérieusement, que connaissez-vous de la dépendance et des renoncements ? Quand le manque d’argent vous a-t-il empêché d’aller où vous vouliez ou de vous accorder une fantaisie ?

— Voilà des questions bien directes. Non, il faut